Sophie Moleta

La chronique musicale d’aujourd’hui est consacrée à Sophie Moleta.

Elle tient depuis de longues années une grande place dans mon univers musical, mais commençons par une petite biographie si vous le voulez bien.

Sophie Moleta est une chanteuse originaire de Nouvelle-Zélande et a passé son enfance en Australie. La Moleta grandie dans un univers familial marqué par la religion et la musique classique.

Elle apprend le piano à quatre ans et compose des odes à Jésus-Christ à l’âge de dix ans, elle découvre les Sex Pistols et David Bowie et chante dans un groupe punk The Brautigans.

Puis elle part découvrir l’Inde et ensuite la France avec ses concerts de musique classique et débute une formation d’ingénieur du son.

Au décès de sa mère, elle retourne en Nouvelle-Zélande et commence à composer des chansons pour son premier enregistrement Trust en forme de journal intime.

C’est avec ce disque auto produit et son synthétiseur DX7 qu’elle revient en France à l’invitation des organisateurs du festival « Les femmes s’en mêlent » pour y effectuer quelques concerts.

Des concerts où elle subjugue les spectateurs parmi lesquels Bernard Lenoir et Hector Zazou. On aura même entendu Bernard Lenoir citant des auditeurs l’enjoignant d’organiser au plus vite une black Session.

Elle part en Angleterre pour enregistrer dans les studios Real World de Peter Gabriel sous la houlette d’Hector Zazou qu’elle finira par épuiser, tant elle se livre dans ses chansons, dans son chant, comme s’ils étaient les derniers possibles.

Enfin, en l’an 2000 est sorti son album Dive et livre paradoxalement une Sophie Moleta moins anxieuse, ouverte au monde, prête à tout.

Cela fait maintenant presque quinze ans que j’ai la chance d’entretenir une correspondance avec Sophie Moleta, et je me souviens encore de la première fois ou je l’ai entendue.

Un soir dans le live de Nulle Part Ailleurs sur Canal, durant les cinq minutes pendant lesquelles j’ai découvert le titre Chapelle j’ai été transporté ailleurs comme hypnotisé.

Ce petit bout de femme toute frêle et qui semble si fragile, avec sa voix cristalline toujours sur le fil, prête à se briser à chaque note mais qui dégage une force spirituelle dans chacune de ses chansons intimes.

On pense immédiatement à Kate Bush avec qui elle partage une voix si particulière, à la fois fragile et écorchée vive, mêler au son des arrangements d’un piano classique et de son inséparable synthétiseur qui ne la quitte jamais sur scène.

Dive est d’une beauté musicale envoutante et magnifique, c’est un album hors du temps où les secondes semblent s’arrêter pour nous donner le temps de méditer.

Il est nécessaire de l’écouter plusieurs fois pour prendre conscience que ce disque a une âme et une spiritualité en parfaite harmonie avec le silence, vous entrez dans une cathédrale le temps de quelques chansons.

Aujourd’hui, Sophie Moleta est retournée vivre dans le bush australien, et suite à quelques déboires avec son ancienne maison de disque elle a reprit sa carrière en main et continue d’auto produire sa musique.

Après une maternité qui a vu la naissance d’un petit garçon, elle nous est revenue avec un nouvel album tout aussi bouleversant Every Girl I Know Deserves A Packet Of Stars qui contient de nombreuses perles dont je vous invite chaleureusement à découvrir.

En bonus une chanson du dernier album Angel Of Silence