Hederos and Hellberg

Il est temps d’inaugurer la rubrique musique de ce blog et de vous parler d’un de mes coups de cœur musicaux.

Je veux parler ici d’un duo que j’ai découvert en 2001 en première partie de Ryan Adams lors de l’un de ses premiers concerts à Paris dans la minuscule salle du Trabendo.

Martin Hederos joue des claviers au sein de The Soundtrack of our lives, Mattias Hellberg quant à lui, officie en tant que guitariste intérimaire au sein de The Hellacopters.

Les deux MH s’offrent parfois des vacances, et plutôt que d’aller s’ennuyer sur une plage ensoleillée, ils s’enferment dans une cave enfumée avec un piano et s’offrent un répertoire de classiques immortels, loin de la musique plutôt énervée de leurs groupes habituels.

Il y eu tout d’abord un premier album où l’on trouvait entre autres, des perles comme Pale Blue Eyes du Velvet Underground (une des plus belles chansons du monde), Soldiers things de Tom Waits (un des plus beau piano triste du monde), Been Smocking too long de Nick Drake, She de Gram Parsons, You’re a big girl now de Bob Dylan, Guilty de Randy Newman, et Signed D.C de Love (une des plus poignantes chansons écrites sur la dépendance de la drogue) ce qui vous donne un aperçu du bon goût du duo.

Ensuite il existe un EP complètement introuvable par chez nous mais disponible en import où figure pourtant le magnifique Take Care (une superbe chanson signée H&H), et enfin le sublime Together in Darkness seul album actuellement sortie en France.

Si vous avez toujours aimé ces artistes solitaires qui viennent chanter leurs chansons seuls, face à eux-même, avec une sensibilité à fleur de peau. Hederos & Hellberg en font partie même s’ils constituent un duo. Leur complicité est telle qu’ils ne semblent nous parler qu’à une voix, le piano et le chant en parfaite osmose.

A ce titre, Hang on to a dream de Tim Hardin est une merveille. Chanson bouleversante, déchirante, sur une séparation, sur l’amour qui reste, sur l’espoir dérisoire auquel on ne peut même plus s’accrocher « What can I say, she’s walking away, From what we’ve seen, What can I do, still loving you, It’s all a dream, How can we hang on to a dream, How can it will it be the way it seems « .

Concrete Jungle (de Bob Marley, album Catch a fire), débarrassé de tout rythme reggae, se pare d’une beauté magnifique et apparaît comme un chant de révolte lent et puissant. Le piano à peine relevé par une mélodie qui donne toute sa puissance au texte.

La reprise la plus surprenante est peut être le No Fun des Stooges. Loin de l’hymne rebelle d’Iggy Pop, la chanson prend les allures d’un requiem, déclaration d’impuissance face à une société envahissante et au désoeuvrement.

Mais finalement, les chansons les plus émouvantes, les plus fortes de cet album sont certainement les compositions de Hederos & Hellberg. Les quatre merveilles qui s’envolent jusqu’à toucher les étoiles sont Together in the Darkness, It won’t grow, Endless Exile et Bless me. Des morceaux où la douceur, parfois la tristesse, des mots se fond avec les arpèges du piano et la longue plainte de l’harmonica.

Un merveilleux disque à l’ambiance feutrée et intimiste, un disque de confidences à deux voix. Hederos & Hellberg parlent à nos peines, à nos tristesses, dans leurs histoires d’amours terminées trop tôt, parlent à nos joies, nos doutes et nos espérances, avec leurs chansons et celles des autres.

Ces chansons des autres qu’ils s’approprient de tellement belle manière qu’elles semblent leur appartenir. Comme parfois les mots des autres, si beaux, qui nous touchent tellement que l’on voudrait les avoir écrits soi-même, où l’on s’étonne que quelqu’un d’autre ait pu ressentir les mêmes émotions si fortes.

Ces chansons faites de rien, de quelques notes, de quelques mots, celles qui, même complètement dénudées, gardent toute leur force, celles qui deviennent encore plus grandes dans leur dépouillement.

Un disque pour les heures sombres de la nuit, comme le titre l’évoque, quand la solitude nous envahit, lorsqu’il ne reste plus que des chansons pour nous parler et nous rassurer.

En bonus une reprise de Shine A Light des Rolling Stones.

Et deux reprises de Bob Dylan It Ain’t Me Babe et You’re A Big Girl Now .

8 réflexions sur “Hederos and Hellberg

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